Au Diable la Foi

Chapitre 10 : De sang ou de cœur

Installés dans la pièce principale, Vivence, Klaus et Arnaud déjeunaient, installés sur le tapis confortable recouvrant le sol, l’incube étant venu pour sa visite hebdomadaire.

Le changelin, lui, n'avait pas besoin de manger, Vivence n'avait pas eu beaucoup de mal à le comprendre. L'enfant n'acceptait rien de ce qu'il lui tendait, même les plus faciles à avaler, et il restait en parfaite forme tant que quelqu'un s'occupait de lui. Contrairement à un bébé humain, il faisait des nuits complètes, babillait déjà au bout de quelques jours et ne pleurait presque jamais.

Il n'était donc pas très difficile de s'occuper de lui pour l'instant, mais puisqu'il était inacceptable de l'élever sans rien connaître de son espèce, Vivence avait demandé à Antenore de chercher quelqu'un ou quelque chose pouvant les aider à prendre correctement soin de lui. C’est pourquoi le vampire était parti quelques temps plus tôt, afin de voir Chaperon Rouge.

Elle l’avait fait demandé, venant apparemment de trouver une source d'information.

Et ce ne devait pas être celle à laquelle Antenore s'attendait vu l'air passablement nerveux avec lequel il entra dans leur logement.

— Tout le monde debout, allez ! S'exclama-t-il d'un ton plus aigu qu'à son habitude. Vivence, va te laver le visage. Klaus… Garde ton air de chien sauvage, il te va très bien. Arnaud, je suis navré mais si je ne suis pas autorisé à venir parce que je suis vampire, je pense que pour toi il en sera de même.

— Mais qu'est-ce qu'il se passe ? Demanda l'incube en se levant.

— On va voir quelqu'un qui connaît parfaitement le sujet des changelins.

— Et c'est qui ? Demanda le loup-garou en attrapant sa veste posée sur une chaise.

— Viviane.

La veste tomba au sol et Arnaud se figea comme s'il avait été paralysé. Ils dévisagèrent tous deux le vampire avec ébahissement. Ils n'auraient pas eu plus forte réaction si Antenore avait dit qu'il allait rencontrer Dieu au milieu d'un rassemblement religieux.

Vivence, qui n'avait jamais entendu parlé d'elle dans les légendes de la famille, demanda :

— Qui est-ce ?

— Qui est-ce ? Répéta Klaus qui semblait avoir avalé une cuillère. Tu demandes qui est la fée Viviane ? Mais où as-tu grandi bon sang ? Tu ne sais vraiment pas qui elle est ?

— Viviane est extrêmement puissante, lui expliqua plus calmement Arnaud. Elle existe depuis la nuit des temps et a un savoir qui dépasse notre imagination.

Vivence finit de sortir de la salle de bain dans laquelle il était presque entré après l'annonce d'Antenore, et se rapprocha des autres pour leur demander :

— Fait-elle partie des ensorceleuses ?

Klaus fit un son de bouche entre le rire nerveux et l'étranglement.

— Pas du tout ! La fée Viviane n'a rien d'une sorcière ! Il est peut-être aussi difficile de la rencontrer que de rencontrer une ensorceleuse, mais elle… C'est plus qu'un honneur de pouvoir ne serait-ce que l'entrapercevoir, tu comprends ? On dit que le simple fait de croiser son regard suffit à te porter bonheur !

Son ton s'était tellement précipité que le loup-garou manqua de souffle et eut besoin de s'asseoir sous l'émotion. Il prit Lanzo, jusqu'alors allongé sur le lit, dans ses bras et le berça machinalement. Vivence vint s'asseoir à ses côtés et, malgré sa visible nervosité, Antenore ne les pressa pas plus. Resté debout, Arnaud précisa :

— On l'appelle fée mais elle n'en est pas vraiment une. Le terme exacte est « dame du lac ».

— Tu sais, expliqua Klaus à son ami, on raconte que c'est Viviane qui a créé toutes les créatures liées à la nature. C'est le cas des loups-garous.

Sa voix était plus douce, plus calme alors qu'il en disait plus sur son peuple :

— Lorsque l'on n’est pas obligé de vivre dans la Grotte, comme moi, nous restons dehors, en campagne ou en forêt. On vit selon la lune, les saisons, les ruisseaux, le temps… Nous répondons à l'appel de la nature, et la nature répond aux appels de Viviane. Si on devait faire une comparaison maladroite, elle est comme une déesse pour nous, que l'on adore et vénère. C'est un tel honneur de la rencontrer…

Il comptait probablement continuer longtemps, vu l'air inspiré sur son visage, mais Antenore coupa leur moment émotion en disant alors :

— Tu me remercieras plus tard pour cette occasion en or. Vivence, salle de bains, tout de suite ! On dirait que tu ne t'es pas lavé depuis trois jours. Dès que ton visage est propre, je vous envoie là-bas.

.

Quand ils sortirent de la Grotte, Vivence, Klaus et Lanzo apparurent en pleine forêt, guidé par la magie du Chaperon Rouge. Pour une fois, l’humain n’en fut presque pas malade, et il se demanda s’il était en train de s’habituer à ce mode de déplacement.

Nerveusement, Vivence regarda les arbres immenses autour de lui, la lumière de la lune filtrant à travers les branches, et la mousse si épaisse qu'il ne sentait même pas la dureté du sol sous ses pieds.

Ils n'eurent qu'à faire quelques pas avant d'arriver à bon port, les arbres dévoilant entre leurs troncs celle qu’ils étaient venus voir.

La dame du lac, contrairement à son nom, ne se trouvait pas au bord d'un lac mais au bord d'une petite source, qui formait une fontaine naturelle entre quelques rochers. L'eau s'écoulait ensuite en petites rigoles, creusées dans la pente douce de la forêt, et disparaissait au loin.

En la découvrant, Klaus ne put que s'immobiliser, contemplant la fée comme une vision du paradis.

Viviane possédait la même beauté irréelle que Raiponce, mais elle ne dégageait pas la même aura. Si cette dernière était si puissante qu'elle étouffait, chez l'ensorceleuse, la dame du lac ne semblait pas plus magique que le rocher sur lequel elle était assise où l'arbre contre lequel reposait son dos.

Pourtant, la manière dont ses pieds fondaient littéralement dans l'eau de la source prouvait bien qu'elle n'avait rien d'une humaine ordinaire.

Sans aller jusqu'à dire que sa simple vue portait bonheur, Vivence devait avouer qu'il avait une drôle d'impression en la regardant, son cœur s'emballait légèrement et il se sentait intimidé. Peut-être plus encore que lorsqu'il avait rencontré Raiponce, qu'il adorait pourtant depuis qu'il était enfant.

— Approche, garçon. Apporte le changelin avec toi.

L'indifférence froide de sa voix, tranchant avec la douceur de son visage, fit sursauter Vivence qui resserra instinctivement son fils contre lui. Puis Klaus le poussa dans le dos pour qu'il avance, ce qu'il fit presque à contre-cœur, nerveusement. Une fois arrivé à ses côtés, elle dit :

— Assieds-toi auprès de moi, je ne te ferai aucun mal.

Après un temps d'hésitation, il enleva ses chaussures puis mit les pieds dans la source avant de s'asseoir comme demandé. Lanzo s'agita un instant dans ses bras et tourna la tête vers la dame qui, pour la première fois, sourit en le contemplant. Ils restèrent un moment ainsi, en silence, puis elle se remit à parler, ne portant pour autant son attention ni sur Vivence, ni sur le loup-garou :

— Voyez-vous, aux yeux de la magie, il est possible de lier les êtres entre eux de deux manières différentes, deux seulement. Il s'agit du lien du sang et celui du cœur.

Cette fois, elle se tourna vers Vivence pour le regarder droit dans les yeux. Il déglutit nerveusement, contemplant les iris d'un bleu azur parcouru de reflets blancs, qui ne ressemblaient en rien à ce qu'il ai vu jusqu'à présent.

— Tu es sous la tutelle d'un vampire, n'est-ce pas ? Un vampire qui partage ton sang.

Il hocha la tête.

— Pour les créatures de la nuit, partager son sang n'est pas anodin. La famille influence la magie, l'esprit, la vie même. Beaucoup d'entre elles suppriment toute famille, toute descendance, toute fratrie afin de garder toute l’énergie pour elles seules et ne pas la partager avec quiconque. Sais-tu pourquoi ton vampire ne l'a pas fait ?

Vivence secoua la tête de gauche à droite. Il n'en savait rien, ils n'en avaient jamais parlé. Il ignorait même qu'il existait une chose pareille avec la famille.

Puis il se rappela des histoires qu'on lui racontait, enfant. Tous les héros perdaient leurs parents avant la fin de leur aventure… Le loup dévorant ceux du Chaperon Rouge, ceux qui avaient abandonné le petit poucet et ses frères, jusqu'à l'assassinat de ceux d'Antenore… Était-ce un passage obligé pour devenir quelqu'un d'important, qui mérite qu'on raconte son histoire ?

Dans ce cas, pourquoi est-ce qu'Antenore aurait pris soin de sa famille, génération après génération ? Pourquoi le protéger du Chasseur ?

— Laisse-moi voir l'enfant.

Il lui passa précautionneusement son fils mais elle n'avait aucun mal à le tenir, comme si ses bras étaient fait exprès pour prendre des enfants contre son sein. Lanzo avait l'air nettement moins à l'aise, pourtant, et il s'agita en clignant plusieurs fois des yeux, ses oreilles remuant de haut en bas.

— Le changelin n'a que faire des liens de sang, reprit la femme de sa voix neutre. Il ne partage l'espèce ni de sa mère, ni de son père. Il est un être à part, détaché de vos gênes. Pourtant, plus le temps passera, plus il ressemblera à ceux qui l'entourent.

Elle releva son visage et regarda vers lui, puis vers Klaus, avant de continuer :

— Cela signifie qu'il s’imprégnera de vous, de tes qualités à toi, humain, de la force lunaire de toi, loup, des sens amplifiés du vampire, et ainsi de suite. Chaque personne avec qui il tissera un lien de cœur trouvera un écho en lui.

Viviane redonna l'enfant à son père qui, après un temps d'hésitation, se décida à parler :

— Puis-je vous poser une question ?

— Tu es libre de le faire, oui.

— Comment savez-vous tout cela sur les changelins ?

Elle eut l'air agréablement surprise par la question, ce qui fit légèrement rougir Vivence.

— N'as-tu donc jamais entendu l'histoire de Viviane et Merlin ?

Il secoua la tête de gauche à droite. Les seules histoires qu'il aie jamais entendues étaient celles en rapport direct avec le frère de son ancêtre. Il ne connaissait aucun autre conte de fée, et n'avait jamais lu un roman de sa vie.

— Mon premier et seul amour a été Merlin, fils d'une vierge et de ce que l'on appellerait aujourd'hui un démon, mais qui était en réalité un dieu. C'était un changelin, lui aussi, et il a côtoyé de puissants mages, sorcières et créatures, à côté desquels les ensorceleuses d'aujourd'hui feraient pâle figure si elles les rencontraient. Il fut un enchanteur de renom, un druide influent mais surtout…

Sa voix, pour la première fois depuis le début de la conversation se tinta de sentiment alors qu'elle finissait :

— Surtout, il fut un homme bon et un barde comme on n’en voit plus dans ce monde.

— Un barde ? Répéta Vivence.

Pour lui, un barde était un homme habillé de vêtements colorés, avec une guitare ronde et un drôle de chapeau sur la tête. Une image sûrement erronée et loin de ce « Merlin » qui semblait si puissant et admirable. Viviane le confirma en expliquant :

— À l'époque, les bardes faisaient partie des plus hautes catégories sociales. Leur art transmettait les légendes et traditions du monde entier et chacun savait écouter leur parole. Et de tous les bardes de son temps, Merlin était le plus important d’entre eux. La magie créée par sa musique pouvait déclencher ou faire cesser les guerres, sauver des vies ou en condamner…

Elle sourit et lui demanda :

— Sais-tu ce qu'il a fait de cette omnipotence ?

Vivence secoua la tête de gauche à droite, et cela la fit sourire d'autant plus. Elle donnait l'impression de pouvoir raconter cette histoire pour la première fois de sa vie, comme si tous avant lui la connaissait déjà. Avec délectation, elle articula :

— Il n'en a rien fait du tout. Il s'est retiré du monde des humains, a coupé tout contact avec eux. Il s'est réfugié ici, dans cette forêt, et n'en est jamais ressorti. C'est ce que font les changelins.

Elle prit une inspiration et caressa d'une main douce l'arbre sur lequel elle était adossée.

— Ils ont le pouvoir de tout détruire, mais ils ne l’utilisent pas.

Klaus haleta brusquement. Vivence s’apprêtait à se tourner vers lui pour en comprendre la raison, mais déjà Viviane reprenait, sa voix redevenue neutre :

— N'aies aucune crainte pour ton fils, humain. Éduque-le comme ton instinct te le dicte, prend soin de lui comme ton cœur le désire, et il deviendra un homme bon, j'en suis sûre.

Elle n'eut pas besoin de le dire clairement pour que Vivence comprenne qu'ils étaient congédiés.

Il se leva, prit ses chaussures d’une main sans oser les remettre immédiatement puisqu’il tenait encore Lanzo dans ses bras. Il marcha jusqu'à Klaus qui fixait toujours Viviane, les yeux écarquillés.

Le loup-garou se reprit quand Vivence lui saisit le bras d'autorité, ses chaussures cognant son flanc. Aussitôt, Klaus reconstitua un visage plus ou moins indifférent et s’inclina devant la dame du lac en guise de salut. L’instant d’après, il attirait Vivence avec lui jusqu'à la Grotte, les lieux emprunts de magie le lui permettant.

Cette fois, Klaus prit bien garde de le tenir éloigné des sirènes, ne lâchant pas son bras tant que Vivence risquait de perdre l’équilibre et trop se rapprocher d’elles. Après que l’humain se soit chaussé, ils remontèrent jusqu'aux appartements du vampire sans rencontrer de soucis.

Sur le chemin, pourtant, Vivence parla :

— Finalement, cela ne nous aura pas appris grand-chose.

— Ça restait un honneur incroyable ! Protesta Klaus qui avait été fortement marqué par la rencontre avec la femme de légende.

— C'est vrai, répondit Vivence pour ne pas l'énerver.

Après quelques secondes de silence, pourtant, il reprit :

— Tout de même, quelque chose m'intrigue dans ce qu'elle a raconté.

— Quelle chose ?

— Si ce Merlin était si puissant, comment est-il mort ?

Encore une fois, le loup-garou le regarda d'un air incrédule. Vivence commençait vraiment à se sentir stupide à force de subir cela à chaque fois qu’il avouait ne pas connaître ou comprendre quelque chose, comme si la réponse était parfaitement évidente.

— Mort ? Mais Merlin n'est jamais mort voyons ! Il était à côté de toi tout le long de la conversation.

Ce fut au tour de Vivence d'être stupéfait :

— Vraiment ? Je ne l'ai même pas remarqué ! Il peut se rendre invisible ?

— Mais non, soupira Klaus en levant les yeux au ciel. C'était l'arbre.

— L'arbre ? Répéta-t-il. Celui sur lequel elle était adossée ?

— Je n'arrive pas à croire que tu ne connais pas cette histoire, se désola encore Klaus avant de lui expliquer : Merlin et Viviane sortaient ensemble, et comme Merlin n'était pas vraiment immortel, contrairement à elle, et qu'elle ne voulait pas le perdre, elle l'a transformé en plante pour le garder dans la forêt pour toujours.

Vivence grimaça.

— C'est horrible ça…

Ils étaient arrivés devant la porte. Alors que Klaus y toquait pour qu'Antenore lui ouvre, il haussa les épaules.

— C'est l'amour.

.

Antenore les avait attendus et se trouvait chez lui, pour une fois.

Il écouta leur récit avec attention puis sourit en entendant la simplicité des conseils que la Dame du Lac avait donnés. Si aucune interdiction ou obligation n'avait été exprimées, cela signifiait à ses yeux que le descendant de son frère n'aurait aucune difficulté à élever son fils, et c'était tout ce qu'il avait besoin de savoir.

Épuisé par les émotions de la journée, Klaus se coucha tôt ce jour là, l'enfant blotti contre son torse. Arnaud n'étant pas resté, Antenore et Vivence se retrouvèrent donc seuls dans la pièce à vivre, installés de nouveau sur le tapis.

Voyant que l'humain avait quelque chose à lui dire sans oser le faire, Antenore l'invita à prendre la parole. Après un ultime temps d’hésitation, Vivence se décida à confier ce qu'il avait sur le cœur :

— Il y a quelque chose que m'a dit la Dame du Lac, tout à l'heure, qui me turlupine.

— Quoi donc ?

— À propos des liens de sang… Que les créatures de la nuit sont plus puissantes quand elles n'en ont pas.

Il leva un regard timide vers le vampire qui sourit. Pourtant, ce sourire était forcé.

— Tu voudrais savoir pourquoi je t'ai laissé en vie, toi et ta famille ?

Vivence hocha la tête, attentif. Cependant, Antenore ne reprit pas tout de suite la parole. À la place, il releva un genou contre son torse et y posa son menton, pensif.

— Crois-tu que je manque de puissance ?

— Je ne sais pas, répondit honnêtement Vivence. Je suppose que non.

— Et tu supposes bien. À vrai dire, même avant de passer mon premier siècle, j'en avais trop. C’est une anomalie qui arrive quelque fois chez les vampires, quand leurs corps sont particulièrement compatibles avec la magie. Cette alchimie ne fait que s’accentuer avec le temps, et plus je suis fort, plus mon Chasseur est fort…

— Tu as peur de ce qu'il serait capable de faire si tu ne partageais plus ton sang avec quelqu'un, devina Vivence.

Mais Antenore secoua la tête de gauche à droite.

— C’était peut-être le cas au début, avec les premières générations, mais sais-tu combien de générations nous séparent, tous les deux ? Beaucoup. Énormément, même, plus que je ne puis les compter. Et tu n'es même pas mon descendant direct. Le sang que l'on partage est si dilué qu'il serait illusoire de penser que nous partageons un lien de parenté fort. Peut-être même en as-tu un plus proche avec Arnaud ou ton chien de garde sans le savoir.

Vivence hésita à le reprendre sur l'appellation, n'aimant pas beaucoup quand il parlait de Klaus en ces termes, mais finalement décida de le laisser continuer.

— Les liens de sang, dans la réalité, n'ont d'influence que pour la famille vraiment proche. Les parents, les enfants, les oncles et cousins… La génération au dessus et en dessous de nous, en soit. Mais plus loin, non, cela n'a plus de valeur.

— Pourquoi me protéger, alors, si notre lien n'a pas de valeur ? Demanda Vivence qui commençait à se sentir mal.

Antenore lui sourit. Et ce sourire, pour la première fois, fit chaud au cœur du garçon. Lui qui n'avait que peu vécu avec sa famille, qui n'avait plus été aimé après être devenu orphelin, se retrouvait face au sourire d'un frère, d'un père. Un sourire réconfortant, doux et gentil, qui l'était autant que les mots qui suivirent :

— Nous avons toujours le lien de cœur. Et pour moi, c'est celui qui compte le plus, Vivence.

.

Le père, le frère, l'amant et l'ami

Dans le cœur du changelin la puissance grandit

Elle se gonfle de leur sourire et leur soutien

Pour donner à l'enfant la force de forger son destin..

Par le cœur ou par le sang

Il importe peu au fond

Car quand l'enfant sera grand

Seuls les ennemis tomberont.

.

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